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Loin de son pas Ikoku, Rodikx attaque le rap game : a-t-il les reins assez solides pour tenir la guerre ?
Rodikx revient armé pour la bataille. Avec “À la guerre comme à la guerre”, l’artiste installé à Dakar tourne le dos au pas ikoku et à l’ambiance légère qui avaient marqué Ngongongo et Amusement à côté. Cette fois, il s’aventure dans un terrain où on ne l’avait encore jamais vu : sombre, direct et offensif.
Dès la sortie du morceau, une question fait surface : Rodikx veut-il réellement secouer le rap gabonais ou cherche-t-il simplement à surfer sur la vague de clashs qui domine actuellement la scène ivoirienne ?
Il pisse sur la couronne de Kôba
Le premier à essuyer les rafales est Kôba, figure historique du rap gabonais, récemment revenu au pays pour trois dates et des sorties médiatiques qui ont dérangé ou déçu.
Après onze ans de silence, Rodikx l’accuse de manquer de respect à son mentor Ba’ponga et ravive la question de ses liens présumés avec l’ancien régime d’Ali Bongo. En filigrane, il pose une interrogation essentielle :
qui, dans le game, a réellement gardé sa droiture ?
Il enchaîne ensuite sur M.O.R et Marless, deux puristes qui avaient clashé l’Ivoirien Didi B avant d’assurer… sa première partie à Libreville. Pour Rodikx, difficile d’y voir une cohérence.
Comme il nous l’a confié :
« Dans ce game, beaucoup n’ont pas de personnalité. M.O.R clash Didi B, puis finit par vendre ses billets. Grosse déception… »
La nouvelle école n’est pas épargnée
Le courant Ntcham prend lui aussi sa part.
Rodikx évoque le bad buzz d’Eboloko, la montée fulgurante de Dementos — perçue comme une menace pour la position de L’Oiseau Rare — et critique la collaboration NG Bling × Tukinkin, qu’il voit comme une tentative de regagner en visibilité.
Puis vient le tacle adressé à E.J, artiste et beatmaker Ntcham :
« T’es alcoolique ou t’es artiste ? »
Le message est clair : zéro filtre, zéro passe-droit.
Un retour qui rallume la flamme
Avec son menaçant « Je vais vous manger un à un », Rodikx annonce une offensive qui pourrait durer.
Pour l’instant, seule la réponse ironique de Marless s’est fait entendre :
« Pousses encore, c’est pas encore ça mais bravo pour le concept. »
Qu’on adhère ou non à sa méthode, une chose est certaine : Rodikx vient de réactiver la tension, le débat et l’énergie dans le rap gabonais.

